Au-dessus de Chamoson

Samedi 21 mars 2026

J’ai envie de montagne et de chaleur en ce premier jour du printemps. J’avais repéré cette balade lors de l’étape 2 du sentier du vignoble. Partir de Chamoson pour rejoindre les Mayens du même nom. Comme premier cadeau de la journée, les abricotiers sont en fleurs dans toute la vallée du Rhône. 

Un sentier bien raide et au soleil me ravit. À travers les vignes et les murets, il m’amène tranquillement au premier hameau Némiaz. 

Il se situe sur un plateau charmant et une énergie douce se dégage de ce lieu. 

Je rencontre un habitant, Olivier, un gruyérien exilé et nous entamons une conversation passionnante. Il connait les Amérindiens dont il a défendu la cause, il est allé en Inde et au Pakistan comme accompagnant de médecins sans frontière. Un baroudeur quelque peu malmené par la vie, il est handicapé maintenant, et en même temps il partage une joie de vivre et une capacité à s’émerveiller rares. 

Je repars le cœur enchanté et rejoins un bisse à flanc de coteau. Tout concourt à la beauté, les fleurs printanières, un étang, la vue sur les Alpes côté sud, les falaises de Haut de Cry au-dessus de moi, les hauts enneigés d’Ovronnaz et mon but du jour, les Mayens de Chamoson. 

Le chemin rétrécît et je traverse une forêt encore endormie de l’hiver. Un panneau avertit que le torrent peut être difficile à traverser en cas de crue. Je suis confiante car la fonte des neiges n’a pas commencé. 

Une descente en lacets accompagnée du grondement de l’eau et j’arrive au bord du torrent. Ni une ni deux, sans réfléchir, je me déchausse, remonte mon pantalon et traverse joyeusement. L’eau est froide mais pas glacée. J’y retourne à nouveau pour prendre une photo et ensuite j’attends tranquillement que mes pieds sèchent en mangeant une pomme. 

Une dame et son chien arrivent, nous échangeons quelques mots et elle traverse le torrent par quelques pierres judicieusement placées. Je me sens un peu ridicule. 

Je tiens à noter qu’un grand travail de nettoyage, de taille et de remise en état du sentier a été fait dernièrement et je remercie ceux qui ont œuvré. 

Pieds secs et chaussures enfilées, je rejoins rapidement les Vérines, un autre hameau. 

Le son de l’eau se fait entendre et je suis de nouveau devant un torrent au courant plus fort. Je regarde attentivement, aucun pas japonais, juste un tronc en travers qui ne m’inspire pas vraiment. Je suis consciente qu’en deux ou trois pas je pourrai sauter sur l’autre rive. Pourtant j’enlève mes chaussures et chaussettes, remonte mon pantalon et traverse tranquillement. 

Je monte sur l’autre versant dans une forêt humide et moussue, les lacets s’enchaînent régulièrement, une dernière montée raide et je sors de la forêt vers les premiers chalets des Mayens de Chamoson. Je me pose sur un talus et mange mon sandwich avec gourmandise. Je traverse ensuite le village, il y a un peu de neige dans les champs. L’ambiance est tristounette et je ne m’attarde pas. 

Au début de la descente vers les Mayens de l’Ardève, il y a des falaises d’ardoises. Sur ce versant au nord, la végétation est toute différente, plantes de l’ombre et de l’humidité pétasites, tussilages, fougères. 

Je retrouve des pâturages, les vignes et des coteaux plus séchards et finit la balade en traversant par un joli pont suspendu, les pieds au sec, les deux torrents de ce matin réunis. 

Les chants des oiseaux m’ont accompagné toute la journée, je suis ravie de cette sortie entre plaine et montagne au soleil valaisan, d’autant plus que la semaine suivante la neige recouvre à nouveau ce trajet.

Nathalie

Distance 15.6 km – dénivelé ↑↓ 934m – durée indiquée 5h17

Itinéraire